OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Les sites d’info et Facebook: it’s complicated http://owni.fr/2011/07/13/les-sites-infos-facebook-its-complicated/ http://owni.fr/2011/07/13/les-sites-infos-facebook-its-complicated/#comments Wed, 13 Jul 2011 06:34:47 +0000 Marc Mentré http://owni.fr/?p=73538 Le 28 juin, Facebook tenait son premier MeetUp pour les journalistes à Paris. Media Trend était présent grâce à Sophie Lemoine. Disons d’emblée, qu’en écoutant son compte-rendu et en lisant ses notes, j’ai été déçu. Rien de particulièrement nouveau n’a été annoncé lors de cette réunion qui ne soit déjà connu, comme la création de « pages professionnelles » pour les journalistes, le fait de pouvoir lier les commentaires publiés sur le site avec ceux qui le sont sur la page Facebook, l’implémentation des boutons « Like » ou « Recommend » en lieu et place du bouton « Share » , etc.

Je vais revenir en détails sur ces points, mais surtout, il nous est apparu, à Sophie et à moi, qu’il s’agissait d’une classique « évangélisation » de la part d’une entreprise qui cherche à devenir un des points de passage obligé pour accéder au contenu des sites d’information.

Mais avant d’aller plus loin, deux repères:

  • L’ensemble des internautes n’est pas inscrit sur Facebook, loin s’en faut. En France, seule la moitié d’entre eux a ouvert un compte Facebook. Il faut ajouter un second bémol: sur la vingtaine de millions de comptes en France, on ignore combien sont réellement actifs. Donc aujourd’hui, Facebook est sans nul doute un outil puissant de publication et de diffusion des contenus, mais une « page » ne saurait se substituer à un site, pour cette seule raison.
  • Travailler sur Facebook, que l’on soit un individu ou une entreprise, implique l’acceptation du « règlement Facebook » [lire la Facebook Platform Policy]. Celui-ci n’est pas toujours « raccord » avec les impératifs de l’information, comme l’illustre le point 5 de ce règlement qui interdit tout « contenu haineux, menaçant, diffamatoire ou pornographique; qui incite à la violence; ou contient de la nudité ou des scènes de violence » [encadré bleu, dans la capture d'écran ci-dessous].

Plus inquiétant pour un éditeur, l’instabilité dans laquelle le plonge Facebook. Il est prévu au chapitre V de ce règlement:

Nous pouvons prendre des mesures coercitives contre vous et tout ou partie de vos applications, si nous jugeons, selon notre seul jugement que vous ou votre application viole les termes et la politique de la plateforme Facebook. Les mesures d’exécution sont à la fois automatiques et manuelles, et peuvent inclure la désactivation de votre application, en limitant votre accès ou celui de votre application aux fonctionnalités de la plateforme [Facebook], la fin de nos accords avec vous, ou toute autre action que nous jugeront appropriés et ce à notre seule discrétion [souligné par moi].

Et pour que l’incertitude soit totale, le règlement ajoute au chapitre suivant :

Nous pouvons changer la politique de la plateforme à tout moment sans préavis [souligné par moi] lorsque nous le jugerons nécessaire. Votre utilisation continue de la plateforme constitue une acceptation de ces changements.

Bref publier sur Facebook signifie se trouver dans un environnement particulier, relativement instable [lire par exemple cet article du site espagnol Techno Magazine, qui explique que des milliers d'applications ont été désactivées par Facebook, sans préavis], et restrictif par rapport au cadre législatif et réglementaire habituel. ((Lire à ce sujet, la mésaventure survenue au critique britannique Roger Ebert, qui a vu sa page disparaître, racontée sur Gigaom))

Qualité de conversation

Mais au-delà de ces prudences qu’apporte Facebook et comment faut-il l’utiliser ? L’apport de Facebook pour un média se concrétise de plusieurs manières qui vont de la création d’une — ou de plusieurs — page(s), à différentes manières de lier le contenu et les commentaires du site avec Facebook.

Un éditeur a passé le pas et a décidé « à titre expérimental » de basculer entièrement sur Facebook en mars 2011. L’une des principales raisons avancée par Cindy Cotte Griffiths et Brad Rourke, les responsables de Rockville Central, tient au fait que Facebook serait plus « civilisé » que le web de par son caractère « fermé » [par opposition au web "ouvert"]. Le réseau social offrirait donc une meilleure qualité de conversation, notamment parce que les inscrits sur le site le sont sous leur identité propre. Cela limiterait fortement les risques de dérives dans les commentaires.

En revanche, ce choix implique un sacrifice financier, puisqu’un éditeur ne peut pas placer de publicité sur sa page Facebook, comme l’indique les « conditions applicables aux pages » : « Les publicités pour des tiers sont interdites sur les Pages ». Les deux responsables de Rockville Central envisagent donc un financement par des produits dérivés comme, par exemple, la création d’événements locaux [Pour plus de détails sur cette expérimentation lire ici et ].

Le Boston Globe pour sa part a opté pour une autre solution, à savoir la création d’une application Facebook, baptisé Your Boston. Pour cela, le groupe s’est appuyé sur une solution en open source développée par un petite startup, NewsCloud, dans le cadre d’un programme financé à hauteur de 250.000 $ par la Knight Foundation et qui est destiné à soutenir le lancement de sites communautaires interactifs par douze groupes de presse.

Générer de la publicité avec une application

Si l’on voulait une démonstration du caractère expérimental de cette application, on ne saurait mieux l’illustrer par le jeu de piste qu’il faut suivre pour tomber sur Your Boston. Sur la home du site du Boston Globe, on ne trouve que le social plugin Facebook; il renvoie sur la page Facebook, Boston Globe; il faut alors cliquer sur Boston.com, dans la colonne de gauche [les "intérêts" des pages Fan] et c’est sur cette page que l’on trouve Your Boston [ci-dessous]. Il faut ensuite entrer dans l’application. Un chemin compliqué, qui désole Jeff Reifman de NewsCloud:

Une application communautaire Facebook est sans intérêt, si personne ne connaît son existence et son utilité.

L’intéressant avec une application est de pouvoir générer de la publicité, et donc ouvre la possibilité de monétiser son investissement, ce qui n’est pas possible lorsque l’on crée une page « fan » classique.  Toutefois, il faut ajouter qu’installer de la publicité dans une application sur Facebook se fait dans conditions restrictives [lire "Les règles publicitaires sur Facebook"] et qu’il est impératif de passer par l’une des entreprises agréées par la plateforme [lire la liste des entreprises agréées].

À l’usage, pour un développeur d’applications, Facebook s’avère relativement malaisé, en raison de son « instabilité » [Jeff Reifman dit : "the ever-changing Facebook application platform"]. Par exemple, explique-t-il, Facebook a désactivé unilatéralement le système de notifications qui avait été mis en place pour l’application. Il signalait aux internautes que quelqu’un avait commenté ou « aimé » leur statut/article ou leur commentaire. Conséquence, Newscloud a dû construire son propre système d’alerte, mais celui-ci ne fonctionne que si l’internaute « se rend régulièrement sur l’application ou choisit de recevoir les notifications par email ».

Autre problème soulevé par Jeff Reifman: un certain nombre d’internautes qui ne sont pas sur Facebook, parce qu’ils ne souhaitent pas partager leurs données personnelles, hésitent à s’enregistrer sur une application… qui est sur Facebook.

Mais, les difficultés viennent aussi des éditeurs. En effet, créer une application interactive implique une approche nouvelle de leur part, comme l’analyse Jeff Reifman: les éditeurs de sites ont tendance à dupliquer leur site, afin que leur site (ou application) communautaire ressemble le plus possible au site d’origine. C’est une erreur, dit-il, car « un site communautaire est différent d’un site d’information : il devrait afficher et mettre en valeur le meilleur du contenu généré par les internautes. D’autre part, si le site communautaire est une ‘copie carbone’ du site d’information, les lecteurs ne comprendront pas l’intérêt du site communautaire et comment ils peuvent participer. »

Créativité et commentaire

Pourtant en dépit de ces défauts, Facebook reste une plateforme très intéressante et pratiquement tous les sites ont créé leur page sur le réseau social. Ce dernier a d’ailleurs publié un classement international [le détail de ce classement ici] dans lequel on trouve en quatrième position Le Monde [189.600 fans] avec, note Facebook, « des sections quiz intéressantes sur différents sujets actuels comme celui sur l’information Actu Quiz, qui offre aux likers l’occasion de gagner des prix », et en cinquième position L’Équipe [205.000 fans], « qui offre une page enrichie avec des quiz, des jeux et des pages thématiques additionnelles comme: Sport & Style, la radio RTL de L’Équipe, L’Équipe Mag, qui permettent d’attirer les likers. »

La création de pages par les sites sur Facebook offre un grand nombre d’avantages, en particulier:

  • l’élargissement de la « cible » du média concerné, les membres de Facebook étant en moyenne plus jeunes et plus féminins que les internautes « classiques »,
  • une grande « viralité » [diffusion virale] aux contenus mis sur la page grâce aux outils de partage,
  • une « interactivité naturelle, car il est possible facilement à tout un chacun de commenter, de « liker » les articles et commentaires, etc.

Ces pages offrent aussi une formidable opportunité aux services marketing des médias, car elles leur permettent d’étudier sur une base autrement plus fine et « vraie » que celle du site, les utilisateurs Facebook ((lire par exemple cet article de Mashable sur l’utilisation des données personnelles par les services de marketing)).

Mais… la création d’une page ne saurait être la simple réplique du site, ne serait-ce que parce qu’une page Facebook [un défaut que n'a pas l'application Your Boston décrite plus haut] se présente comme un blog, avec toutes les caractéristiques de ce type de publication, en particulier un empilement des articles, le dernier publié étant en tête. C’est un flux, sans hiérarchie. Surtout, il n’est pas possible de publier autant d’articles sur la page que sur le site sous peine d’être contreproductif, car alors on sature le mur des personnes qui « aiment » la page ((Je ne développe pas; on peut trouver des principes de publications pour une page par exemple ici)).

Pour ces raisons, Julien Osofsky, directeur de la division médias et Julien Codorniou, directeur des partenariats, ont expliqué le 28 juin, que le but des publications sur une page Facebook n’était pas de délivrer de l’information, mais d’abord de créer de l’interactivité et de générer du commentaire.

Alors que les publics sont différents, que leurs comportements sont dissemblables, que les contenus ne se recouvrent pas strictement, lors du MeetUp du 28 juin, les responsables de Facebook, ont insisté sur la possibilité qui était offerte de « synchroniser la conversation [c'est-à-dire les commentaires] sur le site et la page ». En France Le Journal du Net a implémenté cette solution, mais problème, il semble qu’elle ne fonctionne pas très bien. Les commentaires du site restant sur le site et n’apparaissant pas sur la page, et inversement, comme le montre les deux captures d’écran ci-dessous prises pour un même article, Bientôt une enquête antitrust contre Google aux États-Unis ? Précision: “j’aime” le Journal du Net.


Dernier point, Facebook permet de générer du trafic sur un site, et cela peut-être considérable, comme le montre l’infographie ci-dessous reprenant les principaux sites de presse français. Elle montre le pourcentage de trafic via Facebook entrant sur les sites [ce graphique a été réalisée avec les données collectées par Alexa].

Cette possibilité de générer du trafic sur Facebook fut une des principales questions abordées lors du MeetUp du 28 juin, et c’est l’objet des social plugins que propose le réseau social. Ce dernier offre toute une palette de boutons et de box. Jusque il y a peu, le bouton « Share« , était le plus implémenté sur les sites. Son développement est aujourd’hui abandonné et les responables de Facebook considèrent aujourd’hui que les sites doivent passer à une autre étape et privilégier les boutons « Like » ou « Recommend ».

Ce changement de dénomination suppose, un engagement plus fort de l’internaute vis-à-vis du contenu qu’il partage avec ses amis. Le fait de cliquer sur ces boutons permet aussi de créer un lien vers le site et d’améliorer la visibilité du contenu « liké » dans les moteurs de recherche..


Billet intialement publié sur Mediatrend sous le titre “Facebook un environnement instable pour les sites
Crédits Photo FlickR CC by-nc kerryj.com

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http://owni.fr/2011/07/13/les-sites-infos-facebook-its-complicated/feed/ 2
Le classement des 60 premiers sites d’information français http://owni.fr/2011/04/22/classement-des-sites-dinfo-francais/ http://owni.fr/2011/04/22/classement-des-sites-dinfo-francais/#comments Fri, 22 Apr 2011 08:20:22 +0000 Marc Mentré http://owni.fr/?p=58430 Les classements de sites se multiplient. L’américain ComScore a récemment publié un classement des principaux sites d’information mondiaux [voir sur le site du Guardian les dix premiers], qui montrait que le New York Times avec presque 62 millions de « visites » avait creusé l’écart sur ses principaux concurrents, en particulier le HuffingtonPost, censé pourtant lui tailler des croupières. Ce dernier n’arrivait selon cette étude qu’en 3e position [avec plus de 38 millions de « visites »] et, mieux, était doublé par un site britannique, celui du Daily Mail, qui atteignait 39,6 millions de « visites ».

En fait, j’ai trouvé cette étude un peu floue. En effet, le tableau publié par le Guardian [sur le site de ComScore, les résultats —et surtout le détail— ne sont pas, à ma connaissance, publiés] ne détaille pas suffisamment les résultats. Par exemple, le site du New York Times est certes leader, mais il s’agit de « New York Times brand » , sans que l’on sache précisément ce que recouvre cette appellation. De même, l’échantillon m’a semblé étrangement composé, puisqu’il se limitait —en théorie— aux sites de journaux ["newspapers"], mais on y trouvait aussi le site d’un pure player, [le HuffingtonPost] et d’une agence de presse [la chinoise Xinhua]. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir entré aussi dans cette statistique des sites, dont on sait qu’ils drainent un fort trafic comme celui de la BBC et de CNN.

Intrigué, je me suis tourné vers le site de ranking Alexa, pour regarder ce que cela pourrait donner si l’on intégrait les trois premiers sites du classement ComScore avec ceux de la BBC et de CNN. Le résultat est dans le tableau ci-dessous :

Le graphique montre très clairement, que le site de la BBC a fait la course en tête ces six derniers mois [le trait bleu, en haut], talonné par celui de CNN [trait noir], et que le New York Times [trait rouge] se situe en-dessous de ces deux leaders ; enfin, le Huffington Post [trait vert] est devant le Daily Mail [trait bronze] . Je ne publie que le résultat de ranking, mais la hiérarchie est la même quelque soit la statistique proposée par Alexa.

De là, m’est venue l’idée de réaliser un « classement » des sites français, regroupant l’ensemble de ceux-ci. En effet, souvent on ne dispose que de données fragmentaires. Par exemple, le classement de l’OJD [voir Sites d'information régionale : un bilan en demi-teinte] sur les sites de quotidiens régionaux ne contient pas les résultats de l’ensemble des titres. Certains, importants, comme celui de La Dépêche du Midi en sont absents.

Voici donc le classement des 60 premiers sites d’informations français, classés selon leur ranking en France [l'ensemble des résultats est publié sur ce Google docs]. Cette valeur à l’avantage de placer les sites d’information dans l’environnement réel du web, où se côtoient une multiplicité de types de site: recherche, services, etc. Donc, d’autres sites « non info » s’intercalent entre les sites d’information. J’ai délibérément mêlé les sites produits par les « vieux médias » [télévisions, radios, quotidiens et magazines], avec ceux-ci des pure players, puisque sur le web, il y a une forme d’égalité. L’antériorité de la « marque » peut être un atout, encore faut-il savoir le valoriser. Dernier point, ce classement a été établi un jour précis, le 19 avril 2011 et bien sûr, il sera intéressant de regarder l’évolution de ce classement dans le temps, en particulier de voir l’impact des nouvelles formules sur la fréquentation des sites concernés et de voir si cela améliore leur ranking.

Le tableau recèle un certain nombre de surprises :

  1. les titres des grands groupes de presse magazine [Lagardère, Mondadori, Prisma Presse] lorsqu’ils sont présents [parismatch.com, jdd.fr, capital.fr, jdd.fr, geo.fr] se retrouvent tous en « deuxième division », loin des leaders.
  2. les sites de la presse quotidienne régionale (PQR) ont du mal à s’affirmer, à l’exception du site du Parisien [mais celui-ci est-il vraiment "régional"] puisque le premier, Ouest France, n’est qu’en 16e position. Surprise, le site d’ »info-service » local Maville.com draine peu de trafic vers les sites « d’information » auxquels il est lié. À titre d’exemple 1,9% du trafic du site d’Ouest France provient de Maville.com, contre… 2% venant de letelegramme.com.
  3. les cartes des médias sont largement rebattues, puisque les sites de télévision —à la seule exception de TF1— sont assez loin dans le classement. À tout le moins, on ne retrouve pas dans le classement la hiérarchie des mass media traditionnels, où la télévision demeure le « média roi ». En revanche, les médias « papiers », en particulier ceux des quotidiens nationaux ont su tirer leur épingle du jeu, et ce sont eux qui donnent le ton. Très clairement aussi, les sites de télévision publique sont loin d’avoir le rayonnement de la BBC, et se sont laissés largement distancés, sans parler du site de Radio France [les résultats agrègent ceux de France Inter, France Info, etc.] installé à une très médiocre 27e place.
  4. deux pure players, Le Post et Rue89 [ils se tiennent dans un mouchoir de poche] peuvent être désormais considérés comme de « grands » sites d’information, preuve s’il en était qu’il n’y a pas de hiérarchie intangible sur le web.
  5. OWNI, un pure player, est  totalement atypique, par l’origine de son trafic. C’est le seul dont la part de trafic venant des réseaux sociaux, en l’occurrence Facebook [20% de trafic entrant] et Twitter [15% du trafic entrant] est supérieure à celle venant des moteurs de recherche.
  6. Twitter, à la seule exception d’OWNI, et dans une moindre mesure le site des Inrocks, celui de L’Express, les autres pure players [Slate.fr, Rue89, etc.] et ceux de certains quotidiens régionaux [sudouest.fr, lamontagne.fr] draine peu de trafic vers les sites. Mais signe intéressant, même si le filet est pour l’instant mince [entre 1 et 2% du trafic entrant], Twitter apporte du trafic aux sites économiques comme lesechos.fr, capital.fr, etc.
  7. En revanche, Facebook, représentent désormais un part importante de l’apport de trafic vers un site. Cet apport est très inégal. C’est un certain type de sites qui en bénéficie :
  • les sites de quotidiens régionaux. Par exemple, Facebook représente 15,5% du trafic « entrant » de sudouest.fr, 12,9% de celui de lanouvellerepublique.fr, 12,5% de celuide nicematin.fr, 12,4% de celui de lamontagne.fr, 12,2% de celui de ledauphine.fr, etc
  • les sites « culturels », comme lesinrocks.com [15,5% de trafic entrant] ou telerama.fr [10,5]. C’est le cas aussi pour c’est autre site de « niche » qu’est lequipe.fr : 10,5 du trafic entrant provient de Facebook.
  • un site de télévision, celui de TF1, avec 15,2% de trafic en provenance de Facebook.

Les 60 premiers sites d’information en France

Les sites d’information en France classés de 30 à 60

Le classement des sites pure players en France

Il m’a semblé intéressant d’établir un classement à part pour les sites de pure players en France. Ce classement est sans nul doute appelé à bouger : OWNI est en plein décollage, atlantico.fr vient tout juste d’être lancé. Mais il faut remarquer qu’en dépit de son « mur payant », Mediapart tient bien son rang. [précision, des posts de ce blog sont repris en cross publication par OWNI [ndrl : en effet]

Le classement des sites régionaux d’information

Un peloton de tête de quatre sites [ouestfrance.fr, ladepeche.fr, letelegramme.fr, sudouest.fr], un petit groupe de suiveurs emmenés par lavoixdunord.fr [avec le midilibre.fr, laprovence.com et leprogres.fr] a su distancer les autres sites. Il sera intéressant de voir sur la distance si ce « trou » se comble, ou s’il s’accentue, et si les sites du groupe EBRA sauront « remonter la pente ».

Le classement monde

Les classements précédents portaient sur le « ranking » des sites en France, mais le web ne connait pas de frontières, et il m’a semblé important de savoir si la hiérarchie « à l’extérieur » des frontières était la même que celle « à l’intérieur ».

Une précision d’abord. Les sites français dans le classement mondial sont « largués ». Je ne parle même pas de site comme celui de la BBC qui est classé 39e site mondial, par Alexa, ou de celui du New York Times, 84e, mais de sites qui semblent plus proche de notre échelle comme celui du Spiegel. Il pourrait être handicapé, comme nous le sommes, par la langue. Pourtant, il n’en est rien car il est classé 118e. À titre de comparaison, le premier site d’information français, celui du Monde [qui double pour l'occasion L'Équipe], n’est qu’à la 612e place.

La hiérarchie n’est pas bouleversée, mais il faut noter l’arrivée à la 10e place du site de France24, et la remontée spectaculaire de deux sites d’information naturellement tournés à l’international, ceux de RFI et de TV5.

Les 30 premiers sites français d’information dans le monde

Les 30 suivants


Article initialement sur Media Trend sous le titre “Le ranking des sites d’information français”
Crédits Photo FlickR by-nc-nd Peter Gerdes

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Les DVD contrefaits piratent le métro parisien http://owni.fr/2010/09/03/les-dvd-contrefaits-piratent-le-metro-parisien/ http://owni.fr/2010/09/03/les-dvd-contrefaits-piratent-le-metro-parisien/#comments Fri, 03 Sep 2010 09:04:23 +0000 Boris Manenti http://owni.fr/?p=26851 Il est 17 heures. Koudus, un jeune homme originaire du Bangladesh, arrive à la station de métro Strasbourg-Saint-Denis. Dans le couloir principal, il étale à la hâte sur une toile des dizaines de DVD pirates. Son « travail » commence.

Comme Koudus, ils sont nombreux à déballer chaque jour des films copiés, proposés pour une somme dérisoire : deux euros pièce, cinq euros les trois. Rien à voir avec des DVD du commerce, il s’agit de CD contenant des films DivX, un format utilisé essentiellement pour le téléchargement illégal. Difficile à quantifier, le phénomène a pris de l’ampleur au cours des derniers mois.

Les vendeurs de DivX à la sauvette sont de plus en plus nombreux à investir les couloirs de la RATP mais aussi l’entrée des bouches de métro, souvent près de leurs alter-ego qui proposent ceintures, posters ou jouets à musique. « Depuis la fin de l’automne, il y a une présence beaucoup plus importante et plus visible, souligne Frédéric Delacroix, délégué général de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa). Il y a toujours eu ce type de vendeurs présents de manière sporadique, sur les marchés par exemple. À présent, ils vont jusque dans le métro et dans les rues. »

Atelier clandestin à Montreuil

Zahir est de ceux-là. Lui aussi dit venir du Bangladesh. Les CD piratés font partie de son quotidien. Chaque jour, il descend dans le métro de Saint-Lazare, République ou Marcadet-Poissonniers. Le long d’un mur, il propose aux passants et aux voyageurs ses films trois ou quatre heures durant. Il emporte toujours beaucoup de films, quatre cents, parfois plus. Selon lui, il y aurait beaucoup de ventes. Il est fier de proposer « toutes les nouveautés » : Shrek 4, L’Agence tous risques, Toy Story 3… Sur l’étal de fortune, se croisent des films déjà sortis, encore en salles, voire qui ne sont même pas à l’affiche. Bien souvent de mauvaise qualité, certains se révèlent toutefois de très bonne facture.

D’où vient cette marchandise ? Sur ce point, Zahir reste très vague : « Je vais chercher les DVD. On me les donne et j’en suis responsable. Je dois tout vendre pour être payé ». À Bonne-Nouvelle, Sani en dit un peu plus. Dans un bon anglais, il explique que « tout vient de Montreuil. Là-bas, il y a une fabrique. J’y vais et j’achète chaque DVD 1,20 euros ».

Le Nord-Est parisien, source du trafic ? « Il est très facile de monter un atelier clandestin : un ordinateur à 800 euros avec quatre graveurs suffit, estime une source proche des milieux du téléchargement illégal. Les DivX sont téléchargés sur les réseaux peer-to-peer [de la même manière que de nombreux internautes], avant d’être gravés. Le plus compliqué reste de les écouler… » C’est là qu’intervient la vente à la sauvette. Vendeurs de films ou de ceintures, tous les Bengalis présents dans le métro parisien semblent appartenir au même réseau. « On est tous frères », lance l’un d’eux à Gare du Nord. Difficile cependant de savoir de quel réseau il s’agit ou de remonter plus loin. Les vendeurs refusent de trop en dire et les douanes ou la préfecture de police n’apportent pas plus de réponse…

La menace policière

Mais la vente à la sauvette est loin d’être une pratique lucrative… pour les vendeurs. S’il récupère en moyenne 80 centimes par film vendu, Sani n’y trouve pas son compte. « Quand je vends bien,
je peux manger… Ce n’est pas le cas tous les jours », explique l’homme, SDF depuis son arrivée en France il y a un an. Un message clair de détresse émane de plusieurs vendeurs : « C’est une vie très dure ». La vente des films piratés n’est pour eux qu’un moyen de survie…

Une vente qui n’est pourtant pas sans risque. Sani raconte : « parfois, je me fais arrêter par des policiers. Je leur dis que je ne comprends pas l’anglais. Ils me demandent d’arrêter de vendre et ils me relâchent ». Koudus, lui, dit « faire attention aux policiers ». Lorsqu’ils s’approchent, un guetteur lui fait signe. La toile disposée au sol est alors repliée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, et le Bengali est déjà loin. « Il faut changer souvent de lieu, pour ne pas se faire remarquer », explique Zahir prudent.

Depuis le début de l’année, plusieurs centaines d’interpellations ont eu lieu. Pourtant, la pression policière sur les vendeurs ne semble pas la panacée. « S’en prendre aux vendeurs eux-mêmes ne sert à rien, souligne l’Alpa. S’ils sont arrêtés le matin, il est clair qu’ils seront relâchés l’après-midi. »

Pour Frédéric Delacroix, il ne s’agit que du bout de la chaîne. « Comme les vendeurs de drogue, il s’agit de réseaux extrêmement structurés qui participent à toute une économie souterraine. »

Un trafic « marginal » ?

Pour quelques films piratés revendus, les vendeurs risquent de lourdes peines. Selon le code de propriété intellectuelle, les Bengalis encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 300.000
euros d’amende, voire plus si les faits sont commis en « bande organisée ». En théorie les acheteurs s’exposent aux mêmes peines, mais jusqu’à présent aucun n’a été poursuivi. « Comme la drogue, ce trafic n’est pas laissé au hasard par les services de police. Des investigations sont actuellement en cours… », plaide-t-on du côté de l’Alpa. Pour autant, les forces de l’ordre semblent peu impliquées. La préfecture de police de Paris juge même le phénomène « marginal ». Une sorte de tolérance des vendeurs à la sauvette semble s’être installée dans le métro parisien.

Les vendeurs ne sont donc pas vraiment inquiétés et le marché se développe alors que s’installe la loi Hadopi afin de punir prochainement les internautes qui téléchargent. Des internautes qui pourraient alors être tentés de se tourner vers un commerce de proximité. Mais la France a encore de la marge avant d’atteindre les proportions américaines ou asiatiques où la contrefaçon de DVD
atteint une ampleur industrielle. Selon une étude du think tank américain Rand Corporation, les DVD pirates rapporterait aux États-Unis « plus que le trafic de drogue » avec des « marges bien
supérieures ». Le phénomène arrive en Europe. Selon les données de la Commission européenne, si 3 millions de disques étaient saisis en 2007, le chiffre grimpait à 79 millions l’année suivante. Le
DVD pirate, comme la VHS en son temps, a encore de beaux jours devant lui.

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Pourquoi le Huffington Post gagne de l’argent http://owni.fr/2010/07/20/pourquoi-le-huffington-post-gagne-de-l%e2%80%99argent/ http://owni.fr/2010/07/20/pourquoi-le-huffington-post-gagne-de-l%e2%80%99argent/#comments Tue, 20 Jul 2010 15:01:56 +0000 Benoit Raphaël http://owni.fr/?p=22489 Avec ce premier article, j’inaugure une série d’interviews sur la monétisation digitale. Chaque semaine, j’interviewerai un média ou un acteur du web qui gagne de l’argent sur Internet. Une façon de prouver qu’il n’y a pas de fatalité en ce domaine et que lorsque l’on fait l’effort d’innover, on obtient des résultats. Cette série est participative : si vous avez en tête des noms de personnalités que je pourrais aller interviewer, envoyez moi leurs coordonnées par email.


L’immeuble du Huffington Post situé au cœur de Soho à New York, ne ressemble pas au majestueux gratte-ciel du New York Times planté dans l’électrique quartier de Time Square. Il faut entrer dans l’immeuble pour trouver, sur une vieille plaque, parmi les noms inconnus d’autres sociétés, le logo vert et noir du média qui est en train de devenir le premier site d’informations américain.

Le Huffington Post est une “petite rédaction”, comparée au millier de journalistes du New York Times : soixante-cinq professionnels, dont onze reporters, et douze en charge des six mille blogueurs actifs du site. Un chiffre qui n’a cessé de progresser depuis le lancement du “blog” de cinq chroniqueurs en mai 2005 autour de la très mondaine Ariana Huffington.

Les bureaux du 560 Broadway sont répartis sur trois étages maintenant. Le premier local, qui abrite les commerciaux, est indiqué très sommairement avec des lettres collées sur la vitre qui se décollent. Ambiance garage de l’époque pionnière. Le second est une grande pièce un peu sombre où travaillent ensemble une cinquantaine de journalistes (les onze autres sont à Washington) et le team des développeurs. Au mur, des écrans montrent les statistiques du site en direct et les principales chaines d’info en continu.

Il faut atteindre le troisième niveau pour se rendre compte que le blog très “left wing” d’opinions et d’informations est devenu un grand média. Murs en verre, salle de réunion, des écrans plasma encore sous emballage. Et le bureau, pas très grand, donnant sur Broadway, d’Eric Hippeau, le nouveau CEO du Huffington Post.

Utilisation très fine de Facebook Connect

Eric Hippeau, nouveau CEO du HuffPo.

Éric Hippeau est très grand. Il parle un français parfait. Il y a passé une partie de son enfance et y a même eu une expérience professionnelle qui l’a définitivement convaincu que “si vous voulez faire des affaires, n’allez pas en France !”. Éric a été le patron du groupe de presse magazine Ziff-Davis qui a notamment lancé PC Magazine.

Il a rejoint le Huffington Post en juin 2009. C’est sous sa coupe que le site est passé de 6,5 millions de VU à… 23 millions de VU Comscore. Pas seulement le résultat de son action d’ailleurs, explique-t-il, mais celui d’un effet levier qui, après l’élection présidentielle de 2008, a propulsé le site de blogs et d’agrégation dans le top 3 des médias américains. “Au moment où la vague de 2008 est passée, suivie par de nombreux troubles dans le monde qui ont achevé de booster le trafic des médias, tout était en place chez nous pour en profiter au maximum.”

Le succès du Huffington Post n’est pas un hasard. Il est le résultat d’un travail en profondeur de la technologie (qui représente pas loin de 20% du budget) et de la marque. Mais aussi de la communauté, à travers une utilisation très fine de Facebook Connect notamment. “Quand les médias sociaux, Twitter et Facebook, ont explosé, nous étions bien placés pour comprendre ça et en bénéficier. Nous avons compris que nous devions être un média social nous mêmes. Ma page personnelle peut être ma homepage. J’y retrouve mon Facebook, mon Twitter, bientôt LinkedIn. Et je n’ai pas besoin de la configurer, tout se fait via l’outil Social News”.

Facebook est d’ailleurs devenu la principale source de trafic “referal” du HP (après les moteurs de recherche et l’accès direct).

Les chiffres que j’ai pu récupérer sur le Huffington Post depuis la première levée de fonds de 2 millions d’euros en 2005 montrent clairement l’effet levier dont a bénéficié le média après novembre 2008 (où tout le monde pensait qu’ils allaient s’effondrer !).

Source : La Social NewsRoom

Chiffre d’affaires doublé en 2009

Mais le plus impressionnant avec le Huffington Post, c’est moins l’explosion du trafic, qui a bien peu de valeur sans monétisation, que l’évolution exponentielle des revenus entre 2008 et 2010.

En 2009, le Huffington Post a doublé son chiffre d’affaires, avec 15 millions de dollars. “Nous aurions pu être profitables à cette date mais nous avons choisi d’investir.” Bonne initiative. Les projections de revenus pour 2010 sont de 30 millions de dollars, ce qui permettra d’atteindre la profitabilité à la fin de l’année. Ils devraient encore doubler en 2011 pour atteindre 100 millions de dollars en 2012, soit l’équivalent du chiffre d’affaires digital du NYTimes !

Le modèle économique du Huffington Post ? La gratuité et la publicité. Mais une publicité bâtie autour de la mise en scène de l’information. Chaque sujet de conversation devient un média à part entière et organise les contenus autour des communautés qui s’y intéressent. C’est ce qu’ils appellent les Big News Pages. Par exemple le “Gulf Oil Spill“, ou “Lance Amstrong“.

Le Huffington Post a également développé plus de vingt verticaux, des pages thématiques sur de nombreux sujets allant du plus sérieux (“politique” ou “business”, 20% du trafic) au plus léger (“comedy” et “entertainment” et “sports” qui drainent une grande partie de l’audience sur le site). Chaque section est gérée par un journaliste et animée par les conversations de la communauté.

La règle est simple : plus on qualifie l’audience, plus on fait monter les tarifs.

Dynamisme commercial de l’équipe

Mais le succès économique du Huffington Post repose autant sur son architecture que sur le dynamisme commercial de l’équipe. Sur le pied de guerre : vingt-cinq commerciaux. Tous issus de la pub digitale, aucun du print (vingt supplémentaires seront embauchés d’ici la fin de l’année). Depuis deux ans (il n’y avait pas d’équipe interne avant), ils s’appuient sur la technologie pour innover en permanence.

“Au delà de la publicité, nous avons développé le social marketing”, précise Eric Hippeau. Le CPM (coût d’une pub pour 1000 affichages) est entre 8 et 10 dollars (à peu près équivalent aux tarifs, assez bas, du Monde.fr). Pour augmenter la valeur de la publicité, l’équipe commerciale lie les campagnes aux mots clefs, et s’appuie notamment sur les réseaux sociaux. “Par exemple, lorsqu’un lecteur re-tweette (envoie sur Twitter) un contenu tagué “cancer” on ajoute un #tag (mot-clef Twitter) publicitaire lié à la campagne (#healthyimagination)”. De la même manière, quand il partage l’article sur sa page Facebook, cette fois la pub (pour un institut de ligue contre le cancer) remplace la vignette photo sur son wall. Malin.

L’autre secret du succès économique du Huffington Post, c’est que “nous développons tout nous-mêmes. Et nous traquons les publicités qui s’affichent, pour démontrer le ROI”. Le ROI (retour sur investissement), clef de la publicité en ligne aujourd’hui face au “display” déclinant.

Vingt-cinq développeurs

Aux commandes techniques, vingt-cinq développeurs, dont la moitié en Ukraine.

Pourquoi un tel chiffre ?

Nous devons innover en permanence, ne jamais nous arrêter. Nous sortons tous les mois de nouvelles fonctionnalités.”

Pour s’adapter aux usages. Mais aussi à la concurrence.

Nous sommes tout le temps copiés. Notre atout c’est d’avoir toujours une longueur d’avance.

Et l’équipe marketing ? “Nous n’en avons pas. Le marketing, ce sont les contenus. Ils doivent être viraux.”

Pour aider les soixante-cinq journalistes du Huffington Post, de nombreuses données sont à leur disposition. “Nous traquons tout sur le site. Les journalistes prennent la décision finale, mais ils sont informés en permanence.”

Parmi cette équipe, qui a presque doublé chaque année, douze reporters d’investigation, qui suivent la politique à New York. Un signe, alors que le NY Times licencie ses reporters et recrute des blogueurs non payés pour couvrir l’actu politique.

Signe que deux mondes se croisent. L’un monte, l’autre stagne… ou descend.

Billet initialement publié sur La social NewsRoom ; image CC Flickr Photos8.com

Disclosure : 22mars, société éditrice d’OWNI, a conçu La social NewsRoom et l’héberge.

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Des projets pour l’iPad http://owni.fr/2010/03/22/des-projets-pour-lipad/ http://owni.fr/2010/03/22/des-projets-pour-lipad/#comments Mon, 22 Mar 2010 17:47:02 +0000 Vincent Truffy http://owni.fr/?p=10533 L’iPad. Y aller vite ou y aller bien ? Aucun éditeur ne semble en tout cas douter de la nécessité de proposer une application sur ce support. Notamment parce qu’en un an, une large partie du trafic des sites web est passée sur les applications iPhone. Ainsi au début de cette année, l’application du Monde.fr représentait 15% des visites (7 millions sur un total de près de 47 millions).

La tendance est d’ailleurs à proposer plusieurs applications spécialisées plutôt qu’une grosse généraliste, avec des parties gratuites et des services payants. En mars, par exemple, Le Parisien prévoit de proposer, à coté de son application « classique », « Le Parisien Sorties », « Le Parisien restaurants », « Le Parisien PSG » et « Le Parisien turf », ce dernier proposant les cotes et les non partants gratuitement, mais les pronostics moyennant finances.

Aux États-Unis, où il est déjà possible de commander l’iPad (il faut avoir une IP et une adresse de livraison aux États-Unis, pour l’instant) et où Apple examine jusqu’au 27 mars la première salve d’applications spécifiques, les éditeurs se préparent pour être prêts au plus tôt (la sortie est prévue le 3 avril). Les magazines du groupe Condé-Nast semblent même particulièrement pressés d’y figurer pour prendre la meilleure part du marché et se faire un nom sur le nouveau support. Wired a déjà présenté depuis longtemps un prototype.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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[Chris Anderson, rédacteur en chef de Wired, présente l'application iPad de son magazine à la conférence de l'association américaine des agences publicitaire, à San Francisco. A cette occasion, il a précisé le mode de production : son équipe utilisera Air d'Adobe pour produire simultanément le magazine papier et la version iPad, sans qu'il y ait deux « éditions » différentes.]

Mais GQ promet une première version dès le numéro d’avril. Vanity Fair suivra en juin. Le New Yorker et Glamour à l’été. Ces publications devraient, dans un premier temps, tester la vente de contenu sur l’iTunes Store (Apple prélève 30%, ne rétrocède aucune donnée sur les abonnés et se réserve le droit de refuser les « contenus inappropriés » comme l’application du Bild qui propose des filles dénudées) avant de tenter la vente directe, une fois l’effet de mode de l’iPad estompé.

Pourtant, pour ce que l’on a déjà vu, il n’y a pas de grosse invention dans l’ergonomie, juste une sorte de gros pdf, qui permet de lire des vidéos, de tourner les pages et de zoomer sur un article.

Cliquez ici pour voir la démo

Sur le même créneau (le magazine de mode à grosses photos, voir ci-dessus — cliquez sur le petit «V» en bas des pages pour «interagir» avec les pages), le magazine VIV envisage un traitement plus novateur :

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VIV Mag Interactive Feature Spread – iPad Demo from Alexx Henry on Vimeo.

L’arrière-boutique :

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VIV Mag Featurette: A Digital Magazine Motion Cover and Feature for the iPad from Alexx Henry on Vimeo.

Billet initialement publié sur le blog de Vincent Truffy

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